94 % des nitrates éliminés : ce filtre fait vraiment la différence sur l’eau du robinet

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Les Français ont soif… de vérité sur la qualité de leur eau. Face aux révélations sur la contamination de l’eau en bouteille ou du robinet, difficile de boire la parole des industriels sans la filtrer ! Entre scandales sanitaires, désamour de l’eau en bouteille, volonté de mieux consommer et batailles de filtres, faisons le point sur les solutions pour vraiment épurer l’eau – et nos doutes.

Des scandales à la carafe : l’eau sous haute surveillance

En avril 2024, la publication d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) sur les eaux du groupe Nestlé Waters (Perrier, Contrex, Vittel, Hépar…), faisait l’effet d’un pavé dans la mare et vidait plus d’une bouteille sur les réseaux sociaux. Le rapport mettait en cause la contamination de puits et l’usage de traitements interdits par le célèbre groupe. S’en est suivie une commission d’enquête sénatoriale, aux conclusions accablantes pour l’industriel comme pour certains services de l’État. Le verdict ? Nestlé reconnaît les faits (on applaudit l’honnêteté, à défaut du geste) et paye une amende de 2 millions d’euros.

Cependant, selon la communication officielle de son service presse, la microfiltration à 0,2 micron restait utilisée sur les sources vosgiennes et celle de Perrier à Vergèze, « dans le cadre du plan de transformation ». Mais cette pratique s’est arrêtée pour Perrier au 3 juillet, sur ordre du préfet du Gard : microfiltrer, oui, mais perdre l’appellation « eau minérale naturelle », non merci. Depuis, changement de taille de pores – passage au filtre à 0,45 micron, plus doux, un peu comme un pull en laine qu’on supporte enfin contre la peau. L’entreprise précise qu’il ne s’agit toujours pas d’un traitement chimique, et que le débat sur la microfiltration reste ouvert ; suspense à suivre au prochain épisode…

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L’eau du robinet, pas si limpide

Du côté du robinet, pas question de se sentir à l’abri : du chlorothalonil (un fongicide interdit depuis 2020) continue parfois à se faufiler dans les canalisations, et les PFAS (dont le fameux acid trifluoroacétique, TFA) tiennent la vedette parmi les polluants éternels. Pas étonnant, alors, qu’un Français sur cinq, selon Kantar/Cieau, tente de purifier son eau à l’aide :

  • de carafes filtrantes,
  • de filtres à installer sur le robinet,
  • de perles céramiques,
  • ou du traditionnel binchotan (charbon actif japonais).

Mais qu’en est-il vraiment de leur efficacité ? « 60 Millions de consommateurs » a sorti son laboratoire culinaire pour un test grandeur nature : cinq carafes filtrantes, deux filtres pour robinets et deux matériels filtrants ont passé 21 à 29 jours à la moulinette… Et il y a du bon et du moins bon, voire du franchement mitigé.

Filtration : des performances en flèche… et quelques déceptions

Parmi les éléments sur le grill :

  • Les minéraux vitaux : selon la carafe, on conserve bien (Brita) ou on lessive un peu trop (Homeside, Aarke) le calcium et le magnésium, pourtant essentiels à la santé.
  • Le sodium : la carafe Aarke, par exemple, laisse passer le sodium à un niveau deux fois supérieur au seuil pour une eau « relativement sodée ».
  • Nitrates et nitrites : Attention les yeux ! La carafe Hydropure réalise un joli score avec 94,6 % de nitrates et 97,4 % de nitrites éliminés, performances stables sur 29 jours. Les autres, notamment Brita, font nettement moins bien.
  • Les métaux lourds : là encore, c’est du grand écart : Aarke excelle, Brita peine à éliminer plomb et nickel.
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Côté filtres robinet, la tendance s’inverse à l’avantage du système Hydropure : minéraux respectés, nitrates et la plupart des métaux éliminés presque complètement (sauf pour le nickel, un peu persistant).

Pesticides, PFAS et bactéries : peut (beaucoup) mieux faire

Les tests ne s’arrêtent pas là. Les dispositifs sont aussi confrontés à de l’eau « boostée » aux pesticides (S-métolachlore) et au PFOA (un PFAS coriace) :

  • Sur le pesticide, Brita brille (plus de 90 % de filtration avec sa carafe), de même que les filtres robinet qui avoisinent l’excellent.
  • Sur le PFOA, par contre, c’est la débandade : aucune carafe n’en vient à bout, et même le filtre Brita sur robinet déçoit gravement.

Pour la microbiologie, la carafe Homeside décroche la palme de la propreté, suivie de Brita côté absence de germes. Aarke démarre mal avant préparation, présence de coliformes oblige, même si tout rentre dans l’ordre après rinçage (n’insistez pas, on ne boit pas directement au montage du filtre !).

À noter également que la plupart des dispositifs libèrent un peu (ou beaucoup) de carbone organique dû au charbon actif. Et si certains promettent une eau sans goût chloré, seul Homeside convainc véritablement les dégustateurs ; Brita masque en partie le goût, mais laisse parfois percer le parfum « piscine municipale » tant redouté. Les filtres sur robinet ne font guère mieux.

En somme : le choix du filtre idéal relève encore du grand écart entre efficacité, préservation des minéraux et promesse sensorielle. L’élimination record des nitrates par Hydropure fait figure d’exploit, mais gare aux autres polluants qui, eux aussi, mériteraient une bonne douche… de transparence. Notre conseil : avant de trancher, lisez attentivement les résultats de tests, respectez les modes d’emploi (préparation des filtres comprise !), et surveillez vos attentes… comme votre compteur d’eau.