Qui n’a jamais cédé à l’appel d’une petite gélule miracle, censée booster l’énergie, faire pousser les cheveux ou remplacer quatre oranges d’un seul coup ? Attention, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) tire la sonnette d’alarme : naturel ne rime pas toujours avec inoffensif ! On vous explique pourquoi les compléments alimentaires, malgré leurs allures séduisantes (et parfois goût bonbon), peuvent se transformer en véritables bombes à retardement pour la santé.
Compléments alimentaires : la banalisation sous toutes les formes
Que ce soit en gélules, pastilles, sachets poudrés ou petites fioles, les compléments alimentaires envahissent nos placards. « Leur consommation est, à tort, banalisée », regrette Irène Margaritis, adjointe au directeur de l’évaluation des risques de l’Anses, lors d’une conférence de presse tenue le 24 mars 2025. Le phénomène est accentué par la folie des « gummies », ces compléments qui se déguisent en bonbons et séduisent autant les grands que les petits. Parents, méfiance : laisser traîner une boîte de ces friandises vitaminées peut avoir de lourdes conséquences sur la santé de vos enfants, avides de douceurs.
Les dangers multiples des compléments alimentaires selon l’Anses
Les risques liés à ces produits ne s’arrêtent pas à une surconsommation accidentelle par des enfants gourmands. Fanny Huret, responsable de la mission Nutrivigilance de l’Anses, identifie quatre grandes familles de dangers :
- Toxicité intrinsèque : Certains composants sont dangereux, point. Exemple récent : le Garcinia cambogia, qui cause des accidents mortels ; ou encore ces gummies censées doper la chevelure, malheureusement à l’origine de cas d’hépatites aiguës.
- Mésusage : L’excès de zèle peut coûter cher… et la santé ! Notamment chez les nourrissons, surdosés en vitamine D par des gouttes hyper-concentrées (jusqu’à 10 000 UI !), bien au-delà des recommandations. Résultat ? Des taux de calcium trop élevés, avec des dégâts irréversibles sur les reins.
- Interactions médicamenteuses : Baloo disait « il en faut peu pour être heureux », mais trop de suppléments, c’est la porte ouverte aux interactions. L’Anses signale, entre autres, un cas d’hallucinations dû à un mélange mélatonine/pavot de Californie, ainsi que la diminution de l’efficacité des trithérapies VIH par certains cocktails vitaminés.
- Adultération : Pire encore, certains compléments, souvent vendus sur Internet, contiennent des substances interdites ou non déclarées. Cas d’école : des produits Trex, interdits depuis avril 2023, mélangeant médicament anti-obésité (banni en 2010) et sildénafil (le principe actif du Viagra !), entraînant céphalées, rougeurs et troubles digestifs.
Une vigilance indispensable… même en pharmacie
Face à cette liste – non exhaustive – d’incidents, difficile d’encore croire à l’innocuité universelle des compléments alimentaires. « Il y a une consommation un peu sauvage qui découle du libre arbitre du consommateur, confronté à des effets indésirables », constate Aymeric Dopter, chef de l’unité évaluation des risques liés à la nutrition à l’Anses. Le spécialiste cible tout particulièrement les sites hébergés hors Union européenne, où les dangers sont décuplés. Mais même en pharmacie, tout n’est pas rose : le conseil du pharmacien peut aussi être dicté par l’intérêt commercial, certains compléments étant plus rentables à vendre que d’autres. (Et hop, 1 à 2 € de bonus en plus…)
Que faire en cas d’effets secondaires ?
Dans le doute, l’Anses le rappelle : consultez toujours votre médecin avant d’entamer une cure, même si le produit vous paraît banal. N’oubliez pas, la vitamine C aussi peut provoquer des calculs rénaux si elle est consommée à haute dose (mieux vaut croquer dans un fruit frais !). Et si, malgré toutes ces précautions, vous constatez des effets secondaires, un dispositif existe : signalez l’incident sur www.nutrivigilance-anses.fr grâce au formulaire en ligne, ou demandez à votre professionnel de santé ou au fabricant de le faire.
En conclusion, la prudence doit primer sur la tentation du « tout supplément ». Un bon réflexe ? Préférez toujours l’avis médical et privilégiez une alimentation variée, naturelle et équilibrée à la course aux gélules. Votre corps (et vos reins) vous remerciera !

Lucie a perfectionné son art culinaire à Marseille, où elle a intégré les saveurs méditerranéennes à sa pratique. Elle traduit aujourd’hui son savoir-faire en recettes claires et réalisables pour tous les niveaux. Son approche généreuse et ensoleillée rend la cuisine accessible et savoureuse au quotidien.





